Publié dans Pollution des déchets

« Le Manta » contre la pollution plastique océanique

La pollution plastique océanique n’est pas un phénomène nouveau. Pour la contrer, l’association The Sea Cleaners, créée en 2016, basée à La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan (56) et qui agit en mer pour réduire la pollution plastique océanique, est à l’origine du projet « Le Manta ». Ce bateau est capable de collecter, trier, compacter en mer une grande quantité de macro-déchets plastiques flottants. 

Des études de faisabilité pour un « grand » Manta

Yvan Bourgnon, skipper, en est le créateur. Tout commence en 2014. Il naviguait au milieu des plastiques en Indonésie. « C’est cette navigation qui m’a fait prendre conscience de la pollution maritime. » Le Manta, il l’a pensé grand. « Très vite, on est parti de gabarits maximum possibles. À savoir, la largeur maximum pour rentrer dans les ports, les écluses (environ 49 mètres), la longueur maximum (62 mètres). En longueur, on a essayé de faire un bateau qui est cohérent par rapport à ses limites de largeur et de hauteur. »

Comment il va fonctionner ? « On a essayé d’intégrer toutes les énergies renouvelables qu’on a à notre disposition aujourd’hui, c’est-à-dire des panneaux solaires, des hydroliennes, les éoliennes », certifie Yvan Bourgnon.

Des études ont été réalisées afin d’estimer sa faisabilité. « La moitié des études a été faite », atteste le skipper. « On a fait deux années d’études de faisabilité, jusqu’à fin avril 2018. Une année d’étude secondaire. Il nous reste deux ans d’étude avant de démarrer la construction. » Elle démarrera en 2021 jusqu’en 2023. « Après, on aura deux années test en 2024 et 2025 pour voir l’efficacité du bateau. »

Pour l’instant, les lieux de construction des bateaux ne sont pas encore connus, tout comme leur mise à l’eau. Des appels d’offres ont été lancés au printemps 2019. « On va essayer de faire un maximum pour que ce soit 60% en France. Surtout, on mise tout pour faire l’assemblage en France. Un bateau comme ça c’est un puzzle, ce sont des pièces qui viennent de partout, comme un avion, un Airbus. »

Ce projet mobilise un certain nombre de personnes, « 15 salariés et 10 experts (bureaux d’étude, tout ce qui tourne autour de la technique de l’hydrolienne, la structure, l’architecture, les éoliennes, …). Ce chiffre augmente tous les mois. Il y a aussi les bénévoles. » Ils espèrent récupérer 80% des plastiques qui sont jetés à la mer, « c’est-à-dire ceux qui flottent », précise Yvan Bourgnon. « Collecter les plastiques au fond de la mer, c’est un travail de fourmi. »

Quelles conséquences pour l’Homme ?

Le constat est sans appel pour Yvan Bourgnon : « C’est la 2è plus grande catastrophe écologique au monde. Il y a 1 400 espèces qui ont disparu. » Les conséquences pour l’Homme sont diverses : stérilité, perturbations hormonales, troubles de la croissance, mais « on n’a pas encore d’études scientifiques par rapport aux dégâts sur l’homme. C’est plus par rapport à la faune, à la flore, au tourisme, à la pêche. Ça a un impact direct. L’humain mange du plastique. Pour l’instant, on n’a pas d’études sanitaires précises. Des centaines d’études existent de scientifiques qui ont dépieuter des oiseaux, des dauphins, des baleines, qui ont fait un état sur la faune, la flore et des dégâts que le plastique engendrait. » L’association est là pour sensibiliser, éduquer.

Elle a ouvert une antenne, en Suisse. « Bientôt on va en ouvrir une en Belgique, en Hollande, aux États-Unis », annonce le skipper. « On a des bureaux à Paris pour la partie commerciale et communication. » En mai, l’association a reçu le Prix de l’innovation 2019.

Voir l’aperçu du projet en vidéo

Carole Latouche

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